Qui sont les taureaux ?
Soumis par fleur le Mer, 15/11/2006
Alors qu'une polémique enfle sur des propos que Ségolène Royal aurait tenus sur la tauromachie, un petit rappel historique s'impose : |





la tauromachie, entre symbolisme et réalité barbare
La corrida, une anomalie de la loi qu’il faudra corriger au nom de la morale !
Une curieuse anomalie de notre arsenal législatif : la loi interdit (article 521-1), au nom du respect des animaux, « Le fait, publiquement ou non, d'exercer des sévices graves, ou de nature sexuelle, ou de commettre un acte de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé, ou tenu en captivité » et punit « de deux ans d'emprisonnement et de 30000 euros d'amende. »
Mais un paragraphe supplémentaire autorise ces spectacles dans les communes où ils font partie des « traditions locales » : « Les dispositions du présent article ne sont pas applicables aux courses de taureaux lorsqu'une tradition locale ininterrompue peut être invoquée. »
Comment le législateur peut-il à la fois condamner une activité considérée comme contraire à l’éthique et s’incliner devant le poids des habitudes ?
Le rôle de la loi n’est pas de tolérer, mais de tracer dans la bonne direction.
Dans certaines ethnies africaines la tradition est d’exciser les petites filles. Ceux qui, dans nos pays, commettent cet acte barbare ne le font pas par perversité mais par respect d’une tradition qu’ils n’ont pas remise en cause. A bon droit, nos tribunaux leur infligent une condamnation, non pour les punir, mais pour contribuer à la disparition de tels actes.
Dans certains états américains, la tradition est d’exécuter les condamnés à mort et de permettre d’assister à leur agonie. Un mouvement mondial commence à se développer pour affirmer que cette pratique n’est pas compatible avec un niveau évolué de civilisation.
Non, la tradition ne justifie pas le retour en arrière vers la barbarie ; cela est vrai non seulement pour l’excision ou la peine de mort, mais tout autant pour l’organisation d’un combat de coqs ou d’une corrida.
Ce qui, finalement, est inacceptable, c’est de construire un spectacle dont la matière même est la souffrance et la mort certaine du taureau.
La mort est un événement trop grave pour être ravalé au rang de fournisseur de frisson, et d’un frisson qui procure une jouissance. Trouver du plaisir, bien à l’abri sur son siège, en regardant les jeux de la peur et de la mort, n’est-ce pas la pire perversité ?
« Entre la cruauté envers l’homme et la cruauté envers l’animal, il n’y a de différence que la victime »
Lamartine.
« Torturer un taureau pour le plaisir, pour l'amusement c'est beaucoup plus que torturer un animal. C'est torturer une conscience. »
Victor Hugo
Je suis persuadé que Ségolène aura à coeur de corriger, au nom des valeurs que nous défendons tous, cette anomalie.
Simon
soutien de Ségolène Royal
Désirs d'avenir de Montpellier.