Quelques jours avant sa désignation par les militants, Ségolène Royal, nous rappelle que son combat politique est aussi un combat féministe. Dans une interview au JDD comme à son meeting parisien au gymnase Japy, elle nous donne des raisons d'aller voter massivement jeudi. Parce que pour nous, ça ne fait pas de doute, c'est ELLE !
Journal du dimanche 12 novembre 2006
Trois femmes démocrates, dont Hillary Clinton, viennent d’émerger du scrutin américain. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
L’arbre ne doit pas cacher la forêt. Il ne faudrait pas accréditer l’idée que l’accès des femmes aux responsabilités est une chose acquise. De plus, le jour où trois femmes démocrates émergent aux Etats-Unis, on apprend qu’en France, une femme est violée toutes les deux heures. Il y a encore tellement à faire contre ces violences cachées faites aux femmes, contre le harcèlement sexuel, les inégalités salariales… La question des femmes n’a donc pas beaucoup progressé. Je pense même le contraire, quand j’observe que 80 % des travailleurs précaires sont des femmes.
Cependant, le fait qu’une femme puisse être candidate à l’Elysée ne montre-t-il pas un progrès ?
Je crains qu’on ne se réjouisse trop vite e t qu’à partir de quelques symboles, on se dise: « Voilà , c’est fait », alors que les résistances machistes sont fortes. Au plus profond de certains hommes, il y a antinomie entre l’exercice de l’autorité et du pouvoir, et lefait d’être une femme. On voit d’ailleurs ressortir des plaisanteries douteuses.
Gymnase JAPY 13 novembre 2006
"Le coeur du combat pour la laïcité, c'est d'abord le combat pour la mixité et pour l'égalité. Mon combat pour la laïcité, c'est pour vous femmes voilées, femmes mutilées, femmes excisées, femmes violées, femmes écrasées".